Le Mont Sinaï et les cailloux

June 1st, 2006

Mardi matin, je pars pour Ste Catherine et son monastère où, comme chacun sait, Moïse a reçu les 10 commandements des mains de Dieu. L’idée de départ consistait à prendre le bus, malheureusement, on m’annonce à la gare routière que le bus est “kaput” pour aujourd’hui. Pas d’autre solution que de prendre un taxi pour y aller. 225 livres, sans doute un peu plus cher que le prix normal mais je me console en me disant que c’est tout de même beaucoup plus confortable que le bus.

Le chauffeur, moitié bedouin, moitié Cairote et marié à une allemande, parle un petit peu anglais. Il m’explique que si l’on ne voit pas de femmes c’est parce que les femmes ne travaillent pas et restent donc au village bedouin, loin des touristes. Il m’explique aussi que dans l’environnement très sec et desertique du Sinai, les bedouins vivent de la pêche en mer et aujourd’hui du tourisme.

La route est très belle, les montagnes sont hautes et rouges et séparées par des vallées où doivent couler de puissants torrents en hiver. Ici et là, dans le lit de ces rivières à sec, quelques acacias isolés.

J’ai commis l’erreur d’aller dans un hôtel pour groupes de touristes absolument sans âme et à 3km du monastère. Cette route vers le monastère, je l’ai faite 5 fois à pieds et 1 fois en taxi (les tarifs des taxis sont un peu elevés dans cette contrée). J’aurais beacoup mieux fait de rester à la maison d’hôte du monastère qui est juste à côté dans un site proprement idyllique.

Le monastère lui-même se fond très bien dans le décor, encaissé au fond d’une vallée juste au pied du Mont Sinaï. Il ressemble plus à un fort qu’à un monastère, il a été construit aux environs du VIème siècle de notre ère.
Le monastère est tenu par des moines grecs orthodoxes qui autorisent l’accès a une petite partie de la forteresse. On y trouve le très fameux “buisson ardent” qui s’apparente à un buisson de ronces. L’église a été construite par dessus le buisson, il a juste été deplacé de quelques mètres. Ce type d’arbuste, dit-on, ne pousse nulle part ailleurs dans le Sinaï. Je me suis vu acheté une quantité invraisemblable de cailloux en tous genres auprès des enfants bédouins qui assaillent les touristes sur les rochers en face du monastère. Quartzs, formations en albatre, tout y est passé.

Le soir même, je commence l’ascension du Mont Moïse (le mont Sinaï est le massif qui entoure le monastère). Le chemin est assez raide, on peut le faire a dos de chameaux, il y en a partout sur le trajet. Je préfère y aller à pied.
Les bédouins ont dressé de petites cabanes tous les 500 mètres le long du chemin où ils vendent rafraichissements et nourriture. Ca peut aider compte-tenu de la chaleur (moins chaud qu’à Louxor, tout de même). 1h20 plus tard, je suis au sommet, il faut dire que j’ai marché d’un bon pas. Je crois que l’altitude est autour de 2050 mètres. Le vue est saisissante, montagnes rouges et désert tout autour. Au sommet on trouve une mignone petite chapelle, fermée malheureusement, un petit chat, un randonneur aux allures de Jesus-Christ (rasta bab en fait, il a fait l’ascencion en tongues) et tout un tas de matelas disposés là par les bédouins pour que les randonneurs puissent passer la nuit à la belle etoile au sommet. Je ne l’ai pas fait mais je pense que ça vaut le coup, en tous cas cette nuit là, alors qu’il n’y avait quasimment personne et que la température était idéale.

J’ai attendu le coucher du soleil comme le veut la coutume. J’etais là 2h30 en avance, j’ai eu de temps de bien apprecié le paysage et de prendre une quantité extravagante de photos. Bien obligé puisque les montagnes changaient de couleurs constamment.

Evidemment, apres le coucher de soleil, il fait noir, d’autant plus noir qu’il n’y avait qu’une toute petite lune cette nuit-là. Suivant les conseils avisés des guides touristiques, j’avais pris une lampe, tout s’est donc bien passé. Petite frayeur quand je suis tombé face à face à un dromadaire au detour d’un chemin. Heureusement les dromadaires sont sympas.
La descente de Mont Sinaï dans le silence complet, en discernant tout juste le contour des montagnes au milieu du ciel, lui-meme abondemment orné d’etoiles est l’une de ces experiences qui restera gravée dans ma mémoire.

J’ai en realité visité l’interieur de monastère le lendemain matin, mercredi. Collection d’icônes et de manuscrits à voir absolument.

Retour vers Dahab par le bus, qui fonctionne cette fois-ci normalement, prix: 16 livres (incomparablement plus abordable que le taxi).

Aujourd’hui jeudi, farniente dans la matinée et snorkelling (masque et tuba) au “Blue Hole” un peu au nord de Dahab dans l’après-midi. C’est une grande fosse tout près de la côte, qui s’enfonce parait-il jusqu’à 300m sous la surface (information à prendre avec des pincettes). Le long de la paroi, un nombre incroyable de poissons colorés. C’est malheureusement un peu sale du fait du nombre énormes de plongeurs qui viennent là tous les jours et de l’ordinaire negligence des égyptiens envers les ordures.

Voyage de nuit vers le Caire ce soir…

Le car et Dahab

May 29th, 2006

Me voila parti pour Dahab. Le vendeur du billet m’annonce 12h de trajet, les guides touristiques 15h et un égyptien avec qui je discute avant le depart, 18 heures. Je me prépare donc au pire. Le bus est étriqué, vraiment peu de place pour les jambes et il est plein. Mes espoirs de garder une place vide auprès de moi s’effondrent dès le 2ème arrêt. Les arrêts, d’ailleurs, sont incessants et un gros détour est necessaire pour chacun d’entre eux.

Le car est stoppé au moins 8 fois par des contrôles de police sur la route. Un policier armé entre à bord à chaque fois et demande a voir les cartes d’identité des égyptiens et les passeports des touristes. Curieusement, pour les premiers contrôles à l’ouest du canal de Suez, ils sembles uniquement intéressés par les égyptiens et une fois dans le Sinaï, uniquement par les touristes.

Quoi qu’il en soit, c’est long, tres long, 18 heures et 30 minutes au total. On arrive dimanche a midi a Dahab. Le premier aperçu de la ville n’est pas réjouissant, le désert, la poussière, quelques maisons mal terminées, des terrains vagues et un maximum de vent. Je monte dans un taxi (ce sont des Jeeps a Dahab) et je me retrouve dans une espèce de grand hôtel club aux bungalows clairsemés. Je me tape la tête contre les murs d’avoir passé plus de 18h dans un bus pour ca.

J’ai quand même faim, je vais voir s’il y a un centre ville quelque part. J’y vais à pieds mais c’est une mauvaise idée, beaucoup de terrains vagues à traverser et c’est loin. Je découvre finalement le port de Dahab qui est ma foi fort agréable. Une rue bordée de terrases de restaurant le long de la mer. Les terrases sont juste au-dessus de l’eau et à la place des tables et des chaises ce sont des divans et des tables basses. C’est clair, l’ambiance de cette petite ville est très décontractée et complètement dediée au tourisme. La plupart des gens, allemands et anglais, sont là pour la plongée, la planche à voile ou le kite surf.

Je m’installe à une terrasse, l’eau au-dessous est parfaitement bleue et claire. C’est pourtant la Mer Rouge, le golfe d’Aqaba pour être precis. En face, c’est l’Arabie-Saoudite. Excellente brochette de poulet suivie d’une grosse fatigue, je trouve un taxi pour me ramener à l’hôtel et je grimpe dans mon lit en urgence. L’effet transport a encore joué, je fais le tour du cadran et plus, 14 heures de sommeil en fait.
Je me réveille en pleine forme le lendemain matin, petit déjeuner extrêmement copieux devant la plage de l’hotel, je m’amuse à regarder le cours de gym. Ca n’a pas l’air très très stressant: les pieds ne bougent pas, les exercices consistent à remuer les bars, pas trop vite pour ne pas se fatiguer mais pas assez lentement pour qu’on puisse confondre ça avec du Yoga.

Je dois revoir mon opinion sur Dahab, c’est une petite cité balnéaire bien agréable où il fait bon se laisser rôtir par le soleil. Je vais tester ma théorie immédiatement. Le test est positif, la mer est sublime, transparente et chaude, et les transats sont confortables.

Je retourne déjeuner en ville sur une autre terrasse. C’est curieux, à Dahab, le port de la djelabah ou du voile ne semble pas très populaire. Par ailleurs, je me rends compte qu’il n’y pas de femme du tout en dehors des touristes.
Demain depart pour Ste Catherine.

La Vallee des Rois et le chemin des montagnes

May 29th, 2006

Levé à 5h en ce samedi matin dans l’espoir de profiter de 4 bonnes heures de température décente. J’arrive sur la rive ouest du Nil vers 6h30. Mon loueur de vélo habituel m’avait repèré presqu’au moment où je suis sorti de l’hôtel. Il m’a donc escorté jusqu’à son magasin de l’autre côté du Nil. J’ai tout de même negocié dur cette fois-ci et j’ai obtenu la journée de location à 15 livres au lieu de 25 2 jours avant.

Il fait plutôt bon à cette heure là, j’essaie de faire le plein d’air frais. J’arrive dans la vallee, j’achète mes tickets (2 tickets = 6 tombes) et je pars à la recherche du chemin du muletier qui monte sur la crète au-dessus de la vallée et permet d’aller jusqu’au temple de Hapshepsout. Il s’avère assez facile à trouver, j’ai peur un moment que les policiers m’empêchent d’y aller, mais heureusement ils restent imperturbables. Je monte donc, il commence à faire un peu chaud mais j’atteins le sommet assez facilement. De là, très belle vue sur la vallée des rois d’un côté et sur le temple de Hapchepsout de l’autre.

Rappelons pour la petite histoire qu’Hapshepsout est l’unique femme pharaon d’Egypte (avant l’époque romaine) et qu’elle a vecu aux environs du XIV siècle avant JC. Son fils, Thoutmosis III, a peu apprecié d’être écarté du trône tant que sa royale maman était vivante. Lorsque qu’il a finalement pu y accéder, il s’est empressé d’effacer toutes traces du nom de sa mére.

Je suis donc sur la crête au-dessus du temple d’Hapshepsout (voir photo). Je renonce à y descendre par pure fainéantise. Par endroit sur la crête on trouve des cabanes où sont postés quelques militaires qui dorment profondément. On les comprend d’ailleurs, être obligés de rester sous le cagnard toute la journée, c’est inhumain.

Je redescends côté vallée des rois. Avant d’arriver, je trouve un vieil égyptien tout édenté qui vend des cannettes de coca. Je m’arrête pour taper la discute, je n’achète pas sa cannette parce que j’ai vraiment suffisamment à boire sur moi. Au bout d’un moment il m’offre tout bonnement la cannette. Ca, c’est l’ultime pouvoir du marchandage, prétendre ne pas être interessé du tout et on obtient la marchandise pour rien, sauf qu’ici je ne voulais vraiment pas de sa cannette. J’accepte quand même pour ne pas le vexer. Apres ça, il me raconte qu’il a participé aux fouilles de tout un tas de tombes ici a louxor et qu’il peut m’amener à 3 tombes inexplorées par les touristes avec de véritables momies à l’interieur. Ca sent l’arnaque à plein nez et mon planning ne me permet pas de dévier de toutes facons. Il était tout de meme bien sympatique, je le dédommage du temps qu’il a bien voulu me consacrer et je descends voir les tombes.

La plupart des tombes sont fermées soit parce qu’elles sont en cours de restauration, soit parce que la visite quotidienne de centaines de touristes endommage les fresques murales du fait de l’humidité. La plus belle tombe est, paraît-il, celle de Seti Ier, mais elle est helas fermée. Si je me rappelle bien, je visite celles de Ramsès III, de Houfer-Sekhmat, Thoutmosis III, Thoutmosis IV, Ramsés IV et Serempthat. La tombe de Ramsés III est la plus grande, la plus fréquentée et ausii la plus richement decorée.

Ma preferée est la tombe de Houfer-Sekhmat, un long couloir orné de peintures des Dieux et du pharaon mène au sarcophage en pierre. La perspective depuis l’entrée du couloir est saisissante. Vives couleurs à l’entrée, le couloir s’obscurcit doucement et on distingue tout au fond le profil du sarcophage. L’atmosphère est d’autant plus troublante que cette tombe est delaissée par les touristes et que j’y etait seul.
Je passe sur la tombe de Toutankamon, que je n’ai pas visité, qui, parait-il, est l’une des moins decorées de la vallee et qui coûte le triple du prix des autres tombes.

La Vallée des Rois n’a pas usurpé sa reputation, c’est à voir absolument.

Quelques tours de pédales et me voila arrivé au temple de Hapshepsout. Quelques touristes s’aventurent apparemment à prendre le chemin que j’avais pris plus tôt mais dans l’autre sens et à dos d’ane. Le temple a été restauré à l’excès et semble presque neuf. Quelques belles statues malgré tout et surtout de belle colonnes couronnées de charmantes figures égyptiennes.

Il déjà temps de rentrer, à partir de 11h, la chaleur devient insupportable. Déjeuner sur le toit de l’un des restaurants qui bordent le Nil, je dévore un excellent poulet rôti et je repars vers la rive est et mon hotel par le ferry.

A 16h, je suis a la gare routière où m’attend le car pour Dahab.

Karnak et les cartouches

May 29th, 2006

Ce vendredi, visite du grand temple de Karnak, en fait le plus grand de toute l’Egypte. Il a été construit alors que Memphis était la capitale du pays pendant le Middle Kingdom. Les principaux pharaons ayant participé à sa construction sont dans l’ordre: Hapshepsout, Thoutmosis III, Seti 1er, Ramsès II et Ramsès III, certains ayant reconstruit par dessus les autres ou effacé les traces des précédents, etc.

C’est grandiose, il y en a presque trop. Pour essayer de donner un sens à tout ça, j’ai essayé de repèrer et de prendre en photo les cartouches de chaque pharaon. La cartouche est la paire de hiéroglyphes qui identifie de façon unique chaque pharaon.
On la trouve à côté de toute représentation du pharaon.

Le fils de Hapshepsout, Thoutmosis III, facilement reconnaissable à son scarabée:
Seti 1er,
c’est le père de Ramses II:
Ramsès II en personne:
Et puis finalement Ramsès III:

3 heures et demi de visite quand même. Beaucoup de groupes de touristes sur place, principalement allemands et français.
Je reprends mon vélo pour allez déjeuner avec Violaine que j’ai retrouvée par hasard la veille en trainant dans le souk. Je me laisee aller ensuite à quelques heures de piscine et de bronzage.

Les temples de Ramsès

May 25th, 2006

Levé a 5h30 en pleine forme, copieux petit-dejeuner sur la terrase où je rencontre un suisse en vacances sur la Mer Rouge et de passage pour la journee à Louxor. Piêtre entrée en matiere, il commence par s’excuser d’être tout seul à sa table, que ça ne lui paraît pas normal, que sa famille est en train de dormir dans la chambre. Bon, je ne sais pas pas s’il avait remarqué, mais moi aussi je suis seul à ma table. Ca ne me gêne d’ailleurs aucunement. Il se joint d’ailleurs à moi à ma table, sans doute pour éliminer le problème.
Je traverse le Nil en ferry avec les égyptiens pour la modique. A l’entrée du ferry, on me demande pas moins de 8 livres pour le passage. Le guide mentionne que la traversee pour les égyptiens coute normalement 25 piastres (1 quart de livre) et 1 livre pour les touristes. Après quelques negociations rapides on revient au prix correct. Ca ne m’empêche pas de me faire arnaquer pour la location du vélo, je paie 25 livres au lieu des 10 livres recommandées par le routard. Le vélo n’est pas en plomb cette fois-ci mais n’est visiblement pas en carbone non plus.

La route est facile, toute plate contrairement à ce qu’annonce le routard, et il ne fait pas encore très chaud. Ca monte juste un peu pour aller à la Vallée des Rois. Je la visiterai un autre jour. Pour aujourd’hui, je me contente du temple de Ramsès III, du village des ouvriers et du Ramesseum.

Evidemment, je crève un pneu en redescendant la route de la Vallée des Rois. Je suis obligé de prendre un taxi et de me faire réparer le pneu.

Le temple de Ramses III (Medinhet Abou) est superbe. Tres belles scènes de guerre avec Ramsès sur son char, Ramsès en train d’écraser ses ennemis. La représentation est toujours la même pour cette scène, on la retrouve sur de nombreux murs. Apparemment, pour vaincre ses ennemis, il faut les attraper par le cheveux et les tenir bien haut. Je suppose que la scène qui suit mais qui n’est pas représentée est l’egorgement de ces mêmes ennemis. Suivent comme partout ailleurs, de nombreuses scènes d’offrandes aux dieux égyptiens.

Les village des ouvriers abritait les constructeurs des tombes de la Vallée des Rois. Ces ouvriers étaient tenus à l’écart du monde extérieur parce qu’ils connaissaient les emplacements des tombes, informations qui devaient rester secrètes pour éviter les pillages (apparemment, ca ne marche pas). En contre-partie de leur solitude, ils étaient généreusement logés et nourris.
Les plus riches occupaient leur temps libre en préparant leurs propres tombes en les décorant de scenes très colorées de la vie locale.

Le Ramesseum est en moins bon état que Medinhet Abou. Il a été construit par Ramsès II et était orné, comme Abou Simbel, de collossales statues du pharahon. Malheureusement, la plus grande (vraiment tres grande) est face contre terre.
La aussi, belles scènes de batailles et d’offrandes aux dieux. A noter le petit couloir sur gauche de l’entrée du temple que l’on ne remarque pas facilement et qui permet de monter au sommet du premier pylone.

Il est déjà 1 heure de l’après-midi, je pars chercher un resto avant de rentrer à l’hotel, au frais.

La corniche d’Assouan

May 25th, 2006

Petit flashback sur Assouan et sa folklorique corniche.
On y trouve de tout…

Les passants sur la corniche
Toutes sortes de gens flânent sur ce large trotoir qui surplombe le Nil sur plus de 2 kilomètres.
Des egyptiens dans leur écrasante majorité arpentent la promenade. Les hommes sont attendrissants, ils se tiennent la main, pas d’homosexualité impliquée (c’est tres mal vu en Egytpe), c’est sans doute tout simplement une habitude, mais l’on ne verra jamais un homme tenir la main d’une femme, ça, ç ne passe pas.
La moitié des passants sont des femmes, 80% d’entre elles portent un foulard sur la tête mais ont le visage à decouvert. Pour une toute petite minorité, on ne voit que les yeux.
J’ai fait 2 rencontres passablement surprenantes avant-hier soir. D’abord une adolescente, elle aussi portant le voile, me dit hello, me regarde avec un énorme sourire, m’envoit des baisers de la main et continue comme si de rien était. C’était d’autant plus surprenant que les femmes en général restent bouche-bées en face des touristes avec un air presque terrifié. Celle-ci n’était évidemment pas timide, mais tres heureuse.
Ma 2ème rencontre, j’aurais plus naturellement pu la faire dans le Bronx à New-York. C’etait un conducteur de calèche qui, suivant la routine habituelle me propose de faire un tour mais ne se résigne pas apres que j’ai refuse. Il s’arrête à côté de moi, descend et me me propose du hasheesh!?

Le Progrès Egyptien
C’est le quotidien égyptien en langue francaise. Je l’achète par curiosité. Les titres sont édifiants: il y avait apparemment ces derniers jours un forum de Davos à Sharm-El-Sheik (moi qui croyait bêtement que les forums de Davos se tenaient à Davos). 3 pages dont la une porte sur ce sujet:
“Le monde félicite Moubarak du succès sans précédent du Forum de Davos”
“Dr Nazif: Le Forum mondial de Sharm-El-Sheik a bien confirmé la confiance dans la stabilité de l’Egypte”
“Avec un Davos réussi, l’Egypte a montré au monde ses énormes capacités”
Tout ça en dit très long sur la nature du régime égyptien et de ses liens avec la presse.

La chaleur, la poussière et la fatigue

May 25th, 2006

Mon record personnel de sommeil sans interruption a été battu hier mercredi. Je suis descendu du train à Louxor après 4 heures de trajet depuis Assouan. La chaleur est étouffante dans cette ville et les rues sont extrêmement poussièreuses. Je pars en quête d’une chambre d’hôtel, je traine ma valise sur 500m en direction du Nil et je tombe enfin sur une agence de voyage locale. On me propose du thé, de l’eau, l’accueil est bon même si le bureau est lui aussi poussiereux. Il s’avère que les prix des hotêls sont tres bas, je réserve 3 nuits à l’Iberotel. Aucun charme, mais l’hotel borde le Nil et dispose d’une piscine.

Je me doutais que je ferais des affaires sur les hôtels puisque j’avais rencontré 2 voyageurs du Honduras dans le train. Habillés en djellabas, ils avaient davantage l’air d’émirs du petrole que de sud-americains. En fait, en discutant avec eux et en les observant, je comprends très vite qu’ils sont plus qu’effeminés et qu’ils portent la djellaba pour se donner un style. Je me suis complètement trompé sur ces émirs du pétrole, ils sont en fait sans le sous et sont très fiers de m’expliquer qu’ils ont trouvé une chambre à 5 euros la nuit à Louxor, ce qui est vraiment “dirt cheap”.

Je dépose mes valises, prends une douche et je pars en quête d’un endroit où manger. En fait, je commence par avaler un grand bol de poussière et je trouve une petite terrase en pleine ville. Il fait vraiment trop chaud, j’ai l’impression qu’il fait 10 degrés de plus qu’à Assouan. Au milieu de la ville se trouve le grand temple de Karnak qui n’est vraiment pas a son avantage, ainsi coince entre les bâtiments en béton du centre ville. Il est aussi entouré par une cinquantaine de calèches qui imprègnent l’atmosphère d’une odeur nauséabonde. Il est 15h30, je rentre à l’hôtel, je m’affale sur mon lit, je me réveille seulement 14 heures plus tard à 5h30 du matin. Comme je le disais pour commencer, record battu.

Elephantine et la pétole

May 23rd, 2006

Je suis comme les anciens égyptiens, j’adore Ra, le dieu du soleil. J’etais toute à l’heure au bord de la piscine où il faisait, selon le panneau d’information, 42 degrés. J’etais bien sur mon transat.

Journée sur le Nil : j’ai loué une felouque ce matin. Je suis d’abord parti en chasse de Basta, le capitaine de la felouque de Violaine, puisqu’il lui avait donné entière satisfaction.
Pas de Basta sur la corniche, mais heureusement je suis tombé sur son “cousin”. Si, si, son cousin, c’est promis, juré, craché, pas de problème. Abdullah, c’est le nom de mon capitaine a cherché partout, il a même essayé de lui de téléphoner. Rien à faire, Basta est introuvable. Tant pis, Abdul, pour abréger, parle un anglais tout a fait correct et s’est avéré être un bon capitaine.

Destinations: l’île d’Elephantine toute proche ainsi l’île aux fleurs. Le problème, c’est qu’il n’y a pas un pet de vent, c’est la pétole, et on doit remonter le courant. Il a fallu sortir les rames, Abdul et son matelot en ont bavé, je les ai beaucoup plains, encouragés aussi, alors que j’étais tranquillement à la barre, mais ça n’allais vraiment pas vite, pour 50 mètres de gagnés à la rame, on sentait une petite brise pointer son nez, on tentait la voile et pouf, le vent tombait alors qu’on était au milieu du fleuve et on perdait 100 mètres.
Ils ont donc du me lacher à l’extremité sud d’Elephantine. Ca n’etait pas pour me deplaire, il a fallu que je fraie mon chemin entre les hôtels désaffectés et que je passe par dessus le mur qui les sépare du village Nubien occupant le sud de l’ile. Un peu d’aventure brise la monotonie.

J’ai été seduit par le village Nubien. C’est un labyrinthe de toutes petites ruelles poussièreuses, envahies par les chèvres et bordées par des maisons typiques et très colorées. En plus de ça, la vegetation est luxuriante. Quand les maisons se font plus clairsemées, on passe des ruelles torrides à des somptueux jardins tropicaux. Inutile de vous dire que là non plus, je n’étais pas ennuyé par les touristes :)

Retour au bateau et départ pour l’île aux fleurs, Abdul fait tout ce qu’il peut même après que je lui ai dis que je ne pourrai pas dépasser les 100 livres (je le paie 25 livres par heures, et ça fait deja 2h30 qu’ils rament). On loue donc les services d’un bateau à moteur pour terminer notre parcours.
L’île aux fleurs est un peu décevante et fait bien pâle figure par rapport aux jardins d’Elephantine. Ce sont des jardins dessinés à la règle et au compas et qui sont loins d’être aussi luxuriants et éxotiques que sur Elephantine, mais on y retrouve évidemment tous les groupes de touristes.

Abdul m’offre le thé à bord et on revient tranquillement vers notre point de départ (dans le sens du courant cette fois ci). Je finis la journée au bord de la piscine.

The Old Cataract Hotel

Je me suis fait un petit extra en m’offrant le Old Cataract Hôtel pour mes 2 dernières nuits à Assouan. Construit au début du 20ème siècle dans le style arabe, on y a tourné “mort sur le Nil” avec Peter Ustinov et, selon le “Routard”, Mitterand y aurait fait un dernier séjour juste avant de mourir a Paris.

Rien à voir avec les hôtels Hilton et autres motels pour business men que j’ai eu l’occasion de fréquenter. C’est hôtel là a de la classe, un véritable charme, il est envoutant. Ce matin, sur la somptueuse terrase du Old Cataract au dessus du Nil, je serais volontiers resté tplusieurs heures.

Demain, je prends le train pour Louxor :(

La traversée du désert

May 23rd, 2006

Disons le tout net, le train ou le bus, ça n’est vraiment pas fait pour moi. Il a malheureusement fallu que je passe par là pour me rendre à Abou Simbel.
Il y avait 2 possibilités pour y allez depuis Assouan, soit le minibus que chaque hôtel se fait un devoir de proposer. Il implique un départ à 4 heures du matin et une arrivée sur le site en même temps que tous les touristes qui voyagent en convoi.
L’autre possibilité, c’est de prendre l’autocar avec les égyptiens. Dans tous les cas il y a près de 600km aller-retour à couvrir soit 8 heures de route au total dans le désert “désertique”.
J’ai opté pour la deuxième solution. Il s’avère que ça n’est pas idéal non plus, le bus est climatisé mais il était complètement plein au retour avec une moitie de conscrits (cadeau bonux). Il y avait aussi une espèce de clodo à l’arrière qui puait comme un putois. L’autre inconvénient, c’est que le car s’arrête a 2km du temple.
Enfin, il y a quand même un énorme avantage, c’est que le temple d’Abou Simbel est vite devenu désert après mon arrivée. Il y avait un car de japonais au tout début mais il se sont tous soudain évaporés pour mon plus grand plaisir.Le temple d’Abou Simbel est dit-on le plus monumental de toute l’Égypte (avec les pyramides évidemment). Il présente 4 colossales statues de Ramses II en façade d’un temple dédie a Ra, le dieu soleil.
Le temple aurait été noyé par la construction du haut barrage d’Assouan si l’Unesco ne l’avait pas déplacé 60 mètres plus haut. Ça gâche malheureusement un peu la scène, puisque le nouveau site est visiblement fait sur mesure pour pouvoir accueillir tous les touristes ainsi que le son et lumière quotidien. Ça m’a fait penser à une esplanade qui vient d’être aplanie au Bulldozer.

Le temple lui-même est fascinant par sa démesure et la finesse des fresques qui couvrent les murs à l’intérieur. On y voit en particulier de magnifiques représentations de Ramses II mettant les hittites en déroute à la bataille de Kadesh autour du 13ème siècle avant JC. Ça inclut la très fameuse fresque représentant Ramses sur son char tirant tirant des flèches. Absolument hypnotisant.

Je tairai ici les échanges très peu agréables que j’ai du avoir avec l’agent de voyage qui ma réservé mon billet de train pour Louxor et mes 2 dernières nuits d’hôtels a Assouan.

Le désert et la felouque

May 22nd, 2006


Hier dimanche a été une journée active. Départ tôt le matin et location de bicyclette. Le loueur avait son atelier dans une petite ruelle qu’objectivement, je peux qualifier de sordide, au moins du point de vue d’un occidental. La rue était en terre, les ordures éparpillées un peu partout, l’atelier ressemblait davantage à une grotte qu’a une boutique. Mais bon, le mécano était en train de faire un petit feu avec les ordures qu’il a balayé autour de son échoppe, ça aurait donc pu être pire.
J’ai obtenu sans difficulté mon beau vélo tout rouge, visiblement construit en plomb. Le loueur était efficace et sympathique.En route pour l’autre cote du Nil, les villages nubiens, les “tombes des nobles” et le monastère St Siméon. Après avoir traverse les villages en vélo, tous les enfants m’ayant crie au passage soit hello soit bakchich, je visite les tombes d’où la vue sur le Nil et Assouan est époustouflante. Les tombes en elle mêmes font un peu pale figure a cote de ce que j’ai pu voir a Saqqarah la semaine dernière.

C’est la que les affaires sérieuses commencent: le monastère est 2 km plus loin a travers le désert de sable et de rocaille. J’ai de l’eau, de la crème solaire et un chapeau, je suis parti. Ça aussi, c’est une expérience unique au même titre que la pyramide de Dashour. Une petite heure de marche sans embûche m’amène aux pieds du monastère construit dit-on a l’emplacement de la grotte de l’ermite Siméon il y a très très longtemps deja (j’ai oublie la date). Ce bon Siméon ne prenait pas la vie d’ermite ou la prière a la légère: pour être sur de ne pas s’endormir en plein effort, il accrochait sa longue barbe au plafond de sa grotte pour qu’un choc salutaire le réveille si le pire venait a arriver.

C’est aussi au milieu du monastère que je rencontre Violaine, voyageuse intrépide elle aussi qui, comme moi, est venu se perdre aux confins du désert. Je suis tout de même bien fatigue, Violaine me propose très gentiment de partager sa felouque pour me ramener a mon vélo et m’éviter une seconde traversée du désert. J’accepte bien volontiers!
Rien n’est plus relaxant qu’une felouque. Le bateau avance tout doucement au rythme du courant et de la brise (tous les 2 très faibles).
Notre vaillant capitaine nous propose un délicieux thé à base d’une épice du nom de kalkadeh (enfin quelque chose comme ça). On accepte après avoir dûment vérifie que l’eau ne provenait pas directement du Nil et qu’elle a été mise a bouillir.

Retour à vélo et arrivée en pleine forme à Assouan 2 heures plus tard.
Je reviens a l’hôtel, je m’écroule et c’est à peine si je trouve suffisamment de force pour me traîner jusqu’à la piscine. Sur le transat, vue sur le Nil, felouques, chant du Muezzin…

Petite ballade dans le souk après recupéré un peu. Ça a beau être très sale, je m’y suis maintenant complètement habitué. Et je dois dire que j’aime plutôt ça, c’est une vraie fourmilière, ça grouille, ça crie de tous les cotes, et puis les épices, les fruits, les légumes, les bibelots pour touristes aussi s’étalent partout. Je ne connaît rien de plus dépaysant.