Le Mont Sinaï et les cailloux
June 1st, 2006
Mardi matin, je pars pour Ste Catherine et son monastère où, comme chacun sait, Moïse a reçu les 10 commandements des mains de Dieu. L’idée de départ consistait à prendre le bus, malheureusement, on m’annonce à la gare routière que le bus est “kaput” pour aujourd’hui. Pas d’autre solution que de prendre un taxi pour y aller. 225 livres, sans doute un peu plus cher que le prix normal mais je me console en me disant que c’est tout de même beaucoup plus confortable que le bus.
Le chauffeur, moitié bedouin, moitié Cairote et marié à une allemande, parle un petit peu anglais. Il m’explique que si l’on ne voit pas de femmes c’est parce que les femmes ne travaillent pas et restent donc au village bedouin, loin des touristes. Il m’explique aussi que dans l’environnement très sec et desertique du Sinai, les bedouins vivent de la pêche en mer et aujourd’hui du tourisme.
La route est très belle, les montagnes sont hautes et rouges et séparées par des vallées où doivent couler de puissants torrents en hiver. Ici et là , dans le lit de ces rivières à sec, quelques acacias isolés.
J’ai commis l’erreur d’aller dans un hôtel pour groupes de touristes absolument sans âme et à 3km du monastère. Cette route vers le monastère, je l’ai faite 5 fois à pieds et 1 fois en taxi (les tarifs des taxis sont un peu elevés dans cette contrée). J’aurais beacoup mieux fait de rester à la maison d’hôte du monastère qui est juste à côté dans un site proprement idyllique.
Le monastère lui-même se fond très bien dans le décor, encaissé au fond d’une vallée juste au pied du Mont Sinaï. Il ressemble plus à un fort qu’à un monastère, il a été construit aux environs du VIème siècle de notre ère.
Le monastère est tenu par des moines grecs orthodoxes qui autorisent l’accès a une petite partie de la forteresse. On y trouve le très fameux “buisson ardent” qui s’apparente à un buisson de ronces. L’église a été construite par dessus le buisson, il a juste été deplacé de quelques mètres. Ce type d’arbuste, dit-on, ne pousse nulle part ailleurs dans le Sinaï. Je me suis vu acheté une quantité invraisemblable de cailloux en tous genres auprès des enfants bédouins qui assaillent les touristes sur les rochers en face du monastère. Quartzs, formations en albatre, tout y est passé.
Le soir même, je commence l’ascension du Mont Moïse (le mont Sinaï est le massif qui entoure le monastère). Le chemin est assez raide, on peut le faire a dos de chameaux, il y en a partout sur le trajet. Je préfère y aller à pied.
Les bédouins ont dressé de petites cabanes tous les 500 mètres le long du chemin où ils vendent rafraichissements et nourriture. Ca peut aider compte-tenu de la chaleur (moins chaud qu’à Louxor, tout de même). 1h20 plus tard, je suis au sommet, il faut dire que j’ai marché d’un bon pas. Je crois que l’altitude est autour de 2050 mètres. Le vue est saisissante, montagnes rouges et désert tout autour. Au sommet on trouve une mignone petite chapelle, fermée malheureusement, un petit chat, un randonneur aux allures de Jesus-Christ (rasta bab en fait, il a fait l’ascencion en tongues) et tout un tas de matelas disposés là par les bédouins pour que les randonneurs puissent passer la nuit à la belle etoile au sommet. Je ne l’ai pas fait mais je pense que ça vaut le coup, en tous cas cette nuit là , alors qu’il n’y avait quasimment personne et que la température était idéale.
J’ai attendu le coucher du soleil comme le veut la coutume. J’etais là 2h30 en avance, j’ai eu de temps de bien apprecié le paysage et de prendre une quantité extravagante de photos. Bien obligé puisque les montagnes changaient de couleurs constamment.
Evidemment, apres le coucher de soleil, il fait noir, d’autant plus noir qu’il n’y avait qu’une toute petite lune cette nuit-là . Suivant les conseils avisés des guides touristiques, j’avais pris une lampe, tout s’est donc bien passé. Petite frayeur quand je suis tombé face à face à un dromadaire au detour d’un chemin. Heureusement les dromadaires sont sympas.
La descente de Mont Sinaï dans le silence complet, en discernant tout juste le contour des montagnes au milieu du ciel, lui-meme abondemment orné d’etoiles est l’une de ces experiences qui restera gravée dans ma mémoire.
J’ai en realité visité l’interieur de monastère le lendemain matin, mercredi. Collection d’icônes et de manuscrits à voir absolument.
Retour vers Dahab par le bus, qui fonctionne cette fois-ci normalement, prix: 16 livres (incomparablement plus abordable que le taxi).
Aujourd’hui jeudi, farniente dans la matinée et snorkelling (masque et tuba) au “Blue Hole” un peu au nord de Dahab dans l’après-midi. C’est une grande fosse tout près de la côte, qui s’enfonce parait-il jusqu’à 300m sous la surface (information à prendre avec des pincettes). Le long de la paroi, un nombre incroyable de poissons colorés. C’est malheureusement un peu sale du fait du nombre énormes de plongeurs qui viennent là tous les jours et de l’ordinaire negligence des égyptiens envers les ordures.
Voyage de nuit vers le Caire ce soir…















